1927 - 2026
En janvier 1953, Jacqueline Bauchet rejoint, à 25 ans, le Conseil d’État à sa sortie de l’Ena (promotion « Jean Giraudoux »). Elle est la première femme, avec Louise Cadoux, à intégrer l'institution en tant que membre.

Après avoir été rapporteure, elle prend la présidence d’une sous-section du contentieux (la 6e) en 1980 et devient ainsi la première femme à occuper cette fonction.
Devenue présidente adjointe de la section du contentieux en 1987, elle dirige un groupe de travail pour moderniser le fonctionnement de la section et faire face à l’augmentation continue du nombre d’affaires à juger. Le rapport rendu en 1993 propose notamment une innovation qui va changer le quotidien des juges administratifs : développer des outils informatiques pour permettre de traiter les contentieux « de bout en bout de la chaîne contentieuse », depuis la recherche documentaire jusqu’à la notification de la décision, en passant par la rédaction du projet et l’archivage numérique.
En parallèle de ces fonctions au Conseil d’État, Jacqueline Bauchet s’investit au sein de la Commission spéciale de cassation des pensions (1973-1978) où elle conclut dans les affaires liées aux pensions militaires d’invalidité et aux victimes de la guerre avant d’y présider une section.
Entre 1989 et 1992, elle assure la vice-présidence du Tribunal des Conflits.
Présidente de la Commission des sondages à partir de 1996, elle s’investit particulièrement sur les questions de réforme de la législation relative aux sondages d’opinion durant les élections, questions sur lesquelles elle est consultée par les services de Lionel Jospin, alors Premier ministre en 1997, et pour lesquelles elle élabore un rapport l’année suivante avec Ronny Abraham.
Les collègues qui nous accueillirent furent charmants, courtois, amusés, curieux, étonnés, intrigués, réservés, voire ironiques, un brin sceptiques pour quelques-uns : « Que diable venaient-elles faire dans ce temple du droit administratif ? »
Jacqueline Bauchet