Dispositions communes à tous les types daide sociale |
2400 |
OBLIGATION ALIMENTAIRE | ||
Mots clés : Obligation alimentaire - Participation financière |
Dossier no 100737
Mme X...
Séance du 5 octobre 2011
Décision lue en séance publique le 19 octobre 2011
Vu le recours formé respectivement les 15 avril 2010 et 20 avril 2010 par Mmes A... et B..., tendant à lannulation de la décision en date du 29 janvier 2010, par laquelle la commission départementale daide sociale de la Haute-Vienne a maintenu la décision de la présidente du conseil général en date du 9 octobre 2009, admettant Mme X... au bénéfice de laide sociale aux personnes âgées pour la prise en charge de ses frais dhébergement à lEHPAD pour la période du 1er février 2010 au 31 janvier 2013, sous réserve du prélèvement légal sur ses ressources et dune participation des obligés alimentaires évaluée à 550 euros ;
Les requérantes, respectivement veuve et fille du fils de Mme X..., contestent la répartition inéquitable de la participation mise à la charge des obligés alimentaires et en demandent la révision.
Vu la décision attaquée ;
Vu le mémoire en défense de la présidente du conseil général de la Haute-Vienne en date du 26 mai 2010 proposant le maintien de la décision ;
Vu les autres pièces produites et jointes au dossier ;
Vu le code de laction sociale et des familles ;
Vu les lettres en date du 5 juillet 2010 du secrétaire général de la commission centrale daide sociale informant les parties de la possibilité dêtre entendues ;
Après avoir entendu en séance publique Mlle SAULI, rapporteure, en son rapport, et en avoir délibéré, hors de la présence des parties, à lissue de la séance publique ;
Considérant quaux termes des dispositions de larticle L. 132-6 du code de laction sociale et des familles : « Les personnes tenues à lobligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à loccasion de toute demande daide sociale, invitées à indiquer laide quelles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité à couvrir la totalité des frais ; que la commission dadmission fixe, en tenant compte du montant de leur participation éventuelle, la proportion de laide consentie par les collectivités publiques. La décision de la commission peut être révisée sur production par le bénéficiaire de laide sociale, dune décision judiciaire rejetant sa demande daliments ou limitant lobligation alimentaire à une somme inférieure à celle qui avait été envisagée par lorganisme dadmission (...) » ; que conformément à larticle 207 du code civil, le débiteur daliments peut être exonéré totalement ou partiellement par le juge judiciaire de son obligation en cas de manquements graves à son égard du créancier daliments ; quaux termes de larticle L. 132-1 du code de laction sociale et des familles : « Il est tenu compte, pour lappréciation des ressources des postulants à laide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire » ;
Considérant quil résulte de linstruction, que Mme X... est placée depuis le 6 août 2007 à lEHPAD ; que le montant mensuel des frais dhébergement non couverts par ses ressources sélevant à 786 euros, par décision de la présidente du conseil général de la Haute-Vienne en date du 9 octobre 2009, Mme X... a été admise au bénéfice de laide sociale aux personnes âgées pour la période du 1er février 2010 au 31 janvier 2013, sous réserve du prélèvement légal sur ses ressources et dune participation des obligés alimentaires évaluée à 550 euros ; que cette décision a été confirmée par décision en date du 29 janvier 2010 de la commission départementale daide sociale ;
Considérant quil ressort des pièces figurant au dossier, que par suite de la mésentente familiale concernant notamment la possibilité de mise en vente par Mme X... dun bien immobilier pour subvenir à ses frais dhébergement, la présidente du conseil général de la Haute-Vienne a, par requête du 28 mai 2010, saisi le juge aux affaires familiales aux fins de répartir la participation proposée entre les quatre obligés alimentaires de Mme X... - sa fille, sa bru ses deux petites-filles, dont les deux requérantes ; que par jugement en date du 20 janvier 2011, le tribunal de grande instance de Limoges a fixé à 550 euros la participation mensuelle globale des obligés alimentaires de Mme X..., dont 180 euros à la charge de Mme C..., sa fille, 130 euros à la charge de sa bru requérante et 50 euros à celle de sa petite-fille corequérante, et réparti entre elles dans les mêmes proportions la somme de 1 650 euros correspondant aux participations non versées au titre des mois de février à mai 2010 ; quil ressort de deux courriers du conseil général de la Haute-Vienne en date des 10 mars et 11 juillet 2011, que Mme C..., qui était divorcée et sans enfant, est décédée le 16 février suivant, et que la participation de 180 euros mise à sa charge par ledit jugement a été reprise à compter de cette date par le conseil général, la participation fixée pour les requérantes demeurant inchangée ; que dans ces conditions, la commission départementale daide sociale de la Haute-Vienne, qui nest pas compétente pour fixer la participation de chaque obligé alimentaire, a fait une exacte appréciation des circonstances de laffaire en évaluant à 550 euros laide que pouvaient apporter les obligés alimentaires de Mme X... ; que dès lors, le recours susvisé ne peut quêtre rejeté ; que si les requérantes ne sont pas daccord sur le montant de leur participation, il leur appartenait dinterjeter appel, le cas échéant, du jugement du Tribunal de grande instance de Limoges susmentionné qui a fixé définitivement ce montant opposable au conseil général de la Haute-Vienne,
Décide
Art. 1er. - Le recours susvisé est rejeté.
Art. 2. - La présente décision sera transmise à la ministre de lécologie, du développement durable, des transports et du logement et à la ministre des solidarités et de la cohésion sociale, à qui il revient den assurer lexécution.
Délibéré par la commission centrale daide sociale dans la séance non publique, à lissue de la séance publique du 5 octobre 2011 où siégeaient M. SELTENSPERGER, président, Mme GUIGNARD-HAMON, assesseure, Mlle SAULI, rapporteure.
Décision lue en séance publique le 19 octobre 2011.
La République mande et ordonne à la ministre de lécologie, du développement durable, des transports et du logement, à la ministre des solidarités et de la cohésion sociale, chacune en ce qui la concerne, et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à lexécution de la présente décision.
Le président La rapporteure
Pour ampliation,
Le secrétaire général
de la commission centrale daide sociale,
M. Defer