Dispositions communes à tous les types daide sociale |
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RÉPÉTITION DE LINDU | ||
Mots clés : Répétition de lindu - Allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) - Délai |
Dossier no 070333
Mme D...
Séance du 26 octobre 2007
Décision lue en séance publique le 6 novembre 2007
Vu enregistrée au secrétariat de la commission centrale daide sociale en date du 22 décembre 2006, la requête présentée par Mme Marie-Chistine D... tendant à ce quil plaise à la commission centrale daide sociale annuler la décision de la commission départementale daide sociale du de Charente-Maritime du 2 octobre 2006 confirmant la décision du président du conseil général de la Charente-Maritime du 20 juin 2006 de récupération dun indu dallocation compensatrice pour tierce personne par les moyens que leur fils âgé de 31 ans est autiste et perçoit lallocation dadulte handicapé et lallocation compensatrice pour tierce personne ; quen mars 2000, suite à la mutation de son mari, ils déménagent de la Seine-Saint-Denis pour sinstaller en Charente-Maritime ; que de février 1995 à mars 2005 leur fils était placé au centre Reine-Fabiola en Belgique ; quil intègre le domicile familial en Charente-Maritime en mars 2005 et que depuis mai 2005 il a intégré le foyer occupationnel La Vigerie à Saint-Savinien en Charente-Maritime ; que le service de laide sociale départementale de Charente-Maritime leur réclame la somme de 8 152,52 euros de trop perçu dallocation compensatrice ; quà leur arrivée dans le département de Charente-Maritime, le service départemental leur demande la constitution dun dossier pour le versement de lallocation compensatrice pour tierce personne sur lequel est indiqué le placement de leur fils en établissement ; quune notification de décision leur est adressée ; que suite au signalement de retour au domicile, ce service leur réclame la constitution dun nouveau dossier et demande la suspension de lallocation ; que ce service saperçoit alors que lors de linstruction du dossier en mars 2000, il a omis le placement et la qualité de domicile de secours ; quils se questionnent sils doivent être tributaires des erreurs dun service qui est chargé de traiter les dossiers dune telle importance quest lattribution de prestations et leur paiement ; quil semble que ces services ne soient pas conscients de lincidence quentraîne cette légèreté dinstruction ; quils dépensent depuis avril 2005 leur énergie en échanges de courriers et dappels téléphoniques pour tenter de régulariser cette situation car cette faute grave a eu pour conséquence un nouveau transfert de dossier vers la Seine-Saint-Denis avec nouvelle constitution de dossier ; que ce nest quen août 2006 quils ont pu obtenir la régularisation du paiement de lallocation compensatrice mais que les notifications sont toujours en instance ; quils se questionnent pour savoir si lemployé qui a fait preuve de négligence accepterait de voir son salaire supprimé pendant une année ;
Vu la décision attaquée ;
Vu le mémoire du président du conseil général de Charente-Maritime du 20 avril 2007 qui conclut au rejet de la requête par les motifs que sur la recevabilité du recours de Mme D..., celle-ci a accusé réception de la décision de la commission départementale daide sociale le 18 octobre 2006 ; que sa lettre de recours en commission centrale est datée du 15 décembre 2006 mais na été reçue par cette instance que le 22 décembre 2006 ; que larticle R. 134-10 du code de laction sociale et des familles précise que « les recours sont introduits devant la commission centrale daide sociale ou la commission départementale daide sociale dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision » ; que Mme D... a formulé son recours par courrier simple et lenveloppe sur laquelle aurait pu être vérifié le cachet de la poste na pas été conservée ; quon peut donc sinterroger sur le respect du délai de deux mois et par la même sur la recevabilité de ce recours ; quen ce qui concerne la présence supposée de Sébastien D... au domicile familial, dans son courrier du 25 février 2000, Mme D... informe le conseil général de la Seine-Saint-Denis au nom de son fils, de leur déménagement en Charente-Maritime à Beauvais-sur-Matha ; quelle ne mentionne pas le fait que Sébastien reste hébergé au centre Reine-Fabiola en Belgique et demande le transfert du dossier de son fils ce qui laisse supposer quil suit ses parents en Charente-Maritime ; que le département de la Seine-Saint-Denis ira dailleurs en ce sens en transmettant le dossier à la DTAS de Saint-Jean-dAngély le 10 mars 2000 à 19, place des Anciennes-Halles, 17490 Beauvais-sur-Matha ; quil y est également mentionné que Monsieur Sébastien D... bénéficie de laide sociale au titre de lallocation compensatrice ; quil nest pas indiqué que Sébastien bénéficie aussi de la prise en charge de ses frais dhébergement ; quà la réception de ce dossier, il a été demandé à Mme D..., par lintermédiaire de la mairie de Beauvais-sur-Matha, de constituer un dossier en vue du versement de lallocation compensatrice et de fournir les justificatifs ; que lors de sa réponse sur le bordereau des pièces demandées, Mme D... mentionne effectivement que lAAH lui sert à régler les frais de séjour de létablissement qui laccueille » ; quelle ne précise ni la nature, ni les coordonnées de létablissement, ni les modalités du séjour (accueil de jour, internat...), ni le fait que cet hébergement est pris en charge par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis ; quaucune attestation de présence nest jointe au dossier ; quau contraire, dans tous les autres documents fournis, Mme D... mentionne comme adresse de Sébastien, le domicile familial ; quil en est ainsi du dossier familial daide sociale où Mme D... indique en « adresse actuelle » 19, place des Anciennes-Halles, 17490 Beauvais-sur-Matha ; que sur la demande daide sociale Sébastien est également domicilié à cette même adresse ; quen outre, sur ce dernier document Mme D... na pas précisé en « avantages déjà accordés » le fait que Sébastien bénéficie de la prise en charge de ses frais dhébergement par le département de la Seine-Saint-Denis, ce que la DTAS ignore toujours ; que face à ce cumul déléments où ladresse à Beauvais-sur-Matha est omniprésente, cest en toute bonne foi que la DTAS a considéré que Sébastien D... vivait au domicile de ses parents et avait par là même acquis son domicile de secours au 1er juin 2000 en Charente-Maritime en application des articles L. 121-1 et L. 122-2 du code de laction sociale et des familles qui stipulent dune part que « les prestations légales daide sociales sont à la charge du département dans lequel les bénéficiaires ont leur domicile de secours (...) » et dautre part, que « (...) le domicile de secours sacquiert par une résidence habituelle de trois mois dans un département postérieurement à la majorité ou à lémancipation, sauf pour les personnes admises dans des établissements sanitaires et sociaux (...) qui conservent le domicile de secours quelles avaient acquis avant leur entrée dans létablissement (...). Le séjour dans ces établissements (...) est sans effet sur le domicile de secours » ; que la DTAS lui a donc, de fait et en toute logique, accordé le bénéfice de lallocation compensatrice au taux de 40 % par notification en date du 26 juillet 2000 en application des anciens articles R. 245-4 et R. 245-18 du code de laction sociale et des familles et de la décision Cotorep du 8 janvier 1997, qui ne fait dailleurs pas mention de placement en établissement ; que le courrier du 24 mars 2001 par lequel Mme D... demande, au nom de son fils, une modification de ses coordonnées bancaires, et sur lequel figure à nouveau ladresse à Beauvais-sur-Matha, renforce pour la DTAS lévidence de sa présence au domicile familial ; que le département de la Charente-Maritime a donc, en fonction des éléments en sa possession et du contexte de la situation, bien pris en compte la notion de domicile de secours, contrairement à ce quécrit Mme D... dans son recours ; que le placement en établissement étant resté totalement inconnu du service jusquau 19 avril 2005 ou Mme D... signale le retour au domicile de son fils, il était par là même difficile den tenir compte ; quà ce stade de la procédure, deux interrogations se sont posées à la DTAS à savoir : pourquoi le département de la Seine-Saint-Denis a-t-il gardé compétence pour les frais dhébergement et transmis uniquement le dossier ACTP sans signaler à la DTAS lexistence de cet hébergement ? quen toute logique il aurait dû soit transmettre lintégralité du dossier sil estimait le département de la Charente-Maritime compétent à charge à leurs services de vérifier cette compétence, et la connaissance de lhébergement aurait attiré lattention de la DTAS quant à la détermination du domicile de secours, soit ne rien transmettre sil sestimait compétent ; que le département de la Seine-Saint-Denis ne reconnaîtra sa compétence et par là même son erreur, que le 23 janvier 2006 suite à leur interpellation et aux éléments fournis par Mme D... quant au fonctionnement adopté par la famille depuis son arrivée en Charente-Maritime ; que ces éléments permettront détablir que Sébastien na jamais résidé trois mois consécutifs aux différents domiciles de la famille en Charente-Maritime et ny a donc jamais acquis son domicile de secours (art. L. 121-1 et L. 122-2 du code de laction sociale et des familles) que cette double prise en charge par deux départements différents naurait-elle pas dû interpeller Mme D... ; quen tout état de cause, le versement de lallocation compensatrice pour tierce personne a été interrompu à compter du 30 avril 2005 sur décision du président du conseil général par notification du 20 avril 2005 dans lattente de nouveaux éléments permettant dapprécier la situation ; quen ce qui concerne la récupération de lindu dallocation compensatrice pour tierce personne : cette prestation a été versée à tort du 1er juin 2000 au 20 avril 2005 au taux de 40 % du fait de sa présence présumée au domicile familial alors quelle aurait dû être réduite en raison de son placement en établissement conformément à larticle R. 344-32 du code de laction sociale et des familles ; quen application de larticle L. 245-7 du code de laction sociale et des familles laction se prescrit par deux ans ; que par conséquent le département de la Charente-Maritime sur décision du président du Conseil général et par notification du 20 juin 2006 a demandé à Mme D... le reversement des sommes indûment payées pour la période du 1er mai 2003 au 30 avril 2005 soit la somme de 8 152,52 euros ; quun titre de recette a été émis à lencontre de Sébastien D... ; que suite à son accord du 23 janvier 2006 il a également été émis un titre de recettes à lencontre du Conseil général de la Seine-Saint-Denis pour la somme de 1.274,55 euros correspondant à lallocation compensatrice au taux de 10 % pour la période du 1er juin 2002 au 30 avril 2005 ; que Mme D... conteste la récupération au motif que lerreur de lindu incombe à ladministration ; que dans son arrêt en date du 29 juin 1992, le Conseil dEtat affirme que « en cas de somme indûment versée à un bénéficiaire de laide sociale à la suite dune erreur exclusivement imputable à ladministration, celle-ci doit procéder à la répétition de lindu en usant des voies de droit dont elle dispose en vertu des règles de droit commun régissant le recouvrement des créances publiques qui ne sont pas assises et liquidées par les services fiscaux (...) » que de plus larticle 1376 du code civil dispose que « celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû soblige à le restituer à celui qui la indûment reçu » ; que cet article est repris par le Conseil dEtat dans son arrêt du 24 février 1999 « (...) si larticle 1376 du code civil, qui dispose que (...) sapplique aux sommes indûment versées au titre des prestations daide sociale à Mme (...) à la suite derreurs et de retards exclusivement imputables à ladministration, le département (...) devrait procéder à la répétition dindu en usant des voies de droit dont il dispose en vertu des règles de droit commun régissant le recouvrement des créances publiques qui ne sont assises et liquidées par les services fiscaux (...) » ; que lindu réclamé à Sébastien D... entre bien dans le cadre de ces dispositions ; quenfin larticle 40-5 du règlement départemental daide sociale de la Charente-Maritime précise « des avantages daide sociale sont parfois attribués à tort, soit par erreur de ladministration, soit par celle du bénéficiaire. Quelle que soit la cause derreur, les sommes indûment versées sont récupérables auprès du bénéficiaire qui ne peut se prévaloir dune erreur de ladministration pour refuser de les rembourser » ; que Mme D... ne peut donc invoquer lerreur de ladministration pour refuser le remboursement des sommes indûment perçues ; quil convient encore de préciser que la récupération de lindu est effectuée sur deux ans alors que lallocation compensatrice pour tierce personne a été versée à tort à 40 % au lieu de 10 % pendant près de cinq ans ; que durant cette période Sébastien était en établissement et navait dons pas nécessité de faire appel à une tierce personne puisque ce rôle était tenu par le personnel de létablissement qui laccueillait et le coût correspondant compris dans les frais dhébergement eux-mêmes pris en charge par le département de la Seine-Saint-Denis ;
Vu le mémoire en réplique de Mme Marie-Christine D... en date du 22 juin 2007 qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et les moyens quelle apporte quelques précisions sur son appel téléphonique du 19 avril 2005 au secrétariat de mairie de la DTAS suite à son questionnement sur la constitution dun second dossier (elle navait pas encore signalé le retour à domicile de Sébastien) : la DTAS na pas pris en compte le placement lors de la constitution du premier dossier ; que ce nest pas lappel téléphonique qui déclenche la procédure, mais la notification Cotorep ; que cest au cours de cet échange, quelle a signalé le retour de Sébastien ; quelle récapitule les différentes adresses : de mars 2000 juillet 2002 : Beauvais-sur-Matha - daoût 2002 juillet 2005 : Bussac-Forêt - daoût 2005 à ce jour : Saint-Georges-Antignac ; que ces changements successifs sont liés au changement daffection du bureau de poste de son époux ; que sur la recevabilité elle joint un document nommé « distinguo suivi » avec un cachet de la poste du 16 décembre 2006 ; que sur la présence supposée de Sébastien au domicile familial elle rappelle quen février 2000, elle a signalé au Conseil général de la Seine-Saint-Denis leur changement dadresse suite au déménagement en Charente-Maritime ; que ce courrier est adressé à la personne référente du dossier « frais de séjour et allocation compensatrice » de leur fils - seule interlocutrice ; quelle ne mentionne pas de changement de situation pour Sébastien, ce quelle fait en 2005 ; que les facturations par le département de la Seine-Saint-Denis se poursuivent jusquen mars 2005 pour le centre Reine-Fabiola ; que ladresse du domicile familial apparaît sur tous les documents pour tous les dossiers (CAF, sécurité sociale, département, MDPH...) concernant Sébastien ; que sur le placement en mars 2000 le conseil général note quelle a bien indiqué laccueil en foyer ; quen avril 2005 ce placement devient inconnu ; que plusieurs interrogations restent en suspens notamment comment elle pourrait avoir des compétences supérieures au service de laide sociale - Pourquoi le département na pas retenu « la mention des frais de séjour réglés par lAAH » pour linterpeller sur le placement de Sébastien - pourquoi le particulier doit toujours seffacer devant les erreurs de ladministration - pourquoi, sur le bordereau des pièces constitutives de dossier napparaît pas la notification Cotorep de placement élément pourtant essentiel dans le calcul du versement de lallocation compensatrice - quen ce qui concerne la notion de domicile de secours, les différents services éprouvent déjà des difficultés dans linterprétation des textes (il a fallu six mois de négociation entre les deux départements), comment, simple citoyenne, puis je le maîtriser ; que depuis mai 2005 Sébastien est en internat de semaine dans un établissement de la Charente-Maritime ; quils demeurent dans la Charente-Maritime ; quil rentre tous les vendredis et repart les lundis ; quils assurent les transports ; que le département sest-il posé la question de leur organisation pour aller voir Sébastien en Belgique ? que le département sest-il posé la question du pourquoi du retour de Sébastien à leur domicile, car feriez-vous manger votre fils dans une écuelle en plastique... que bien des omissions sont à noter dans ce dossier lors de linstruction par le service de laide sociale du département de la Charente-Maritime, des omissions qui ont des conséquences importantes ; que le manque de rigueur dans la constitution doit-il être porté par lusager ; quelle trouve aisée de se ranger derrière des textes pour ne pas assumer ses erreurs et de mettre en doute la bonne foi des personnes ;
Vu le courrier du président du conseil général de Charente-Maritime en date du 20 juin 2007 qui nous informe ne pas souhaiter être entendu à la séance de jugement ;
Vu le nouveau mémoire du président du conseil général de Charente-Maritime en date du 23 juillet 2007 qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et les moyens que concernant la mention du domicile familial sur les dossiers Mme D... tutrice de son fils depuis le 11 juillet 1995, soit depuis 12 ans, doit savoir quen sa qualité, les administrations ont obligation de lui adresser tout courrier le concernant ; que par conséquent Mme D... aurait pu préciser ladresse de létablissement dans lequel il était hébergé sans préjudice sur le suivi des dossiers de son fils ; que sur le placement de Sébastien ils maintiennent les faits énoncés dans le mémoire précédent à savoir labsence dinformation du département de la Charente-Maritime sur le fait que Sébastien est resté placé au centre Reine-Fabiola et na pas suivi ses parents à Beauvais-sur-Matha (17) et par là même limpossibilité de tenir compte de ce placement pour la détermination du domicile de secours ; que le placement étant inconnu du service il était donc logique que ce dernier nait pas demandé à Mme D... de fournir la notification Cotorep correspondante qui ne figure donc pas de ce fait, sur le bordereau des pièces constitutives, et verse une ACTP au taux de 40 % ; que le fait que seule ladresse du domicile familial figure sur les documents fournis par Mme D..., que le département de la Seine-Saint-Denis ne mentionne que le bénéfice de lACTP dans son courrier du 10 mars 2000 par lequel il leur transmet le dossier de Sébastien que Mme D... nindique pas que Sébastien bénéficie de la prise en charge de ses frais dhébergement sur la demande daide sociale dans les « avantages déjà accordés » a conduit le département de la Charente-Maritime à considérer en toute bonne foi, que Sébastien était au domicile de ses parents et à lui verser une ACTP au taux de 40 % ; que autant pour le service il est tout à fait et aisément possible de comprendre la situation et le ressenti des parents denfants présentant un handicap et les difficultés quils peuvent rencontrer dans leur quotidien, contrairement à ce que peut penser Mme D..., autant dans le cas présent il apparaît quun droit a été attribué à tort ; que de plus pendant la période concernée, soit près de cinq ans, la totalité des frais dhébergement y compris laide apportée par le personnel de létablissement étaient pris en charge par laide sociale du département de la Seine-Saint-Denis ; que lACTP versée à tort ne devrait donc pas, de fait, avoir été utilisée ; que par conséquent le département de la Charente-Maritime demande le maintien de la décision de la commission départementale du 2 octobre 2006 à savoir la récupération de lindu de lACTP pour la période du 1er mai 2003 au 30 avril 2005, soit la somme de 8 152,52 euros en application des arrêts du Conseil dEtat du 29 juin 1992 et du 24 février 1999, des articles 1376 du code civil ancien L. 245-7 du code de laction sociale et des familles et 40-5 du règlement départemental daide sociale de la Charente-Maritime ;
Vu enregistré le 4 octobre 2007 le mémoire du président du conseil général de la Charente-Maritime persistant dans ses précédentes conclusions par les mêmes motifs et par le motif quà aucun moment le département na tenu de propos diffamatoires à lencontre de la famille D... ; que le dossier de surendettement dont Mme D... fait état pour la première fois dans son dernier mémoire ne procède pas des frais supportés par son fils hors hébergement dont elle fait état ; quils sont également exposés par tous les parents pour leurs enfants ;
Vu enregistré le 12 octobre 2007 le nouveau mémoire de Mme D... exposant que le mémoire de ladministration témoigne de la méconnaissance des conditions de vie des personnes autistes et de leurs familles et de leur droit à une vie digne ;
Vu les autres pièces produites et jointes au dossier ;
Vu le code de laction sociale et des familles ;
Vu le code de la famille et de laide sociale ;
Vu le code civil ;
Vu la lettre du 19 juin 2007 invitant les parties à faire connaître au secrétariat de la commission centrale daide sociale si elles souhaitent être entendues à laudience ;
Après avoir entendu à laudience publique du 26 Octobre 2007, Mlle Erdmann, rapporteure, Mme Marie-Christine D..., mère et tutrice, M. D..., père, en leurs observations et après en avoir délibéré hors la présence des parties, à lissue de la séance publique ;
Sur la recevabilité de lappel ;
Considérant que si dans son mémoire en défense le président du conseil général de la Charente-Maritime, qui ne conteste plus dans le dernier état de linstruction cette recevabilité compte tenu des éléments fournis par la requérante dans son mémoire en réplique, sinterroge sur léventuelle forclusion de la requête, il résulte de linstruction notamment de lenveloppe « distingo » et des autres documents fournis par La Poste que la requérante qui avait accusé réception de la décision attaquée le 18 octobre 2006 a posté en Charente-Maritime sa requête dappel le samedi 16 décembre 2006 soit à une date à laquelle moyennant un fonctionnement normal du service postal ladite requête devait normalement être enregistrée à la commission centrale daide sociale avant le mardi 19 décembre à 24 heures ; que si ladite requête na été enregistrée que le 22 décembre 2006 cette circonstance est en conséquence sans incidence sur le respect du délai de deux mois prévu à larticle R. 134-10 du code de laction sociale et des familles et lappel est recevable quant au délai ;
Sur la recevabilité de la requête en tant quelle est dirigée non contre un titre de perception rendu exécutoire pour avoir paiement des arrérages dallocation compensatrice récupérés, mais contre une décision antérieure déclarant M. Sébastien D... débiteur desdits arrérages ;
Considérant que si le président du conseil général fait état de la jurisprudence du Conseil dEtat Département des Ardennes contre Mme F... du 21 juin 1992 et Département de la Seine-Saint-Denis du 24 février 1999, cette jurisprudence, demeurant dailleurs de compréhension et dinterprétation malaisées pour la présente juridiction dès lors que les dispositions de larticle 39 de loi du 30 juin 1975 ultérieurement codifié relatives à lallocation compensatrice permettent au président du conseil général - et non à la commission dadmission - de répéter lindu dans les deux ans du fait générateur de celui-ci sans distinguer entre les cas où cet indu procède dun fait imputable à lassisté, dune faute de ladministration ou de ces deux circonstances conjuguées, nont en toute hypothèse ni pour objet ni pour effet dinterdire à M. D... de contester devant le juge de laide sociale la décision attaquée sans attendre la notification par le payeur du titre de perception rendu exécutoire (seul du reste un avis de paiement étant annoncé en létat du dossier), dès lors que cette décision a pour objet et pour effet de le constituer débiteur de la dette dont sagit ; quainsi et à supposer même que le président du conseil général de la Charente-Maritime ait entendu dénier en invoquant les jurisprudences susrappelées à M. D... le droit dagir contre une décision, qui, selon lui, ne serait pas susceptible de recours, ce qui ne semble dailleurs pas vraiment le cas, une telle fin de non recevoir ne pourrait être que rejetée ;
Sur la répétition ;
Considérant que lorsquen 2000 Mme D... a signalé le changement de domicile de son foyer déménageant de Seine-Saint-Denis en Charente-Maritime - alors que son fils M. Sébastien D... lassisté demeurait placé au centre Reine-Fabiola foyer dhébergement situé en Belgique - le service a commis, contrairement à ce questime devoir soutenir ladministration, une double erreur ; quen premier lieu il ne sest pas avisé que M. D... était placé dans un foyer en Belgique alors que linformation du placement lui était donnée par le département de la Seine-Saint-Denis ; quen second lieu il ne sest pas interrogé, compte tenu de cette situation, sur limputation financière des dépenses dallocation compensatrice, soit que la charge en demeurât au département de la Seine-Saint-Denis où lassisté avait demeuré plus de trois mois avec ses parents avant dêtre placé, à tout le moins durant sa minorité (il est né en 1975), soit quil ny ait lieu à prise en charge dun adulte handicapé résidant à létranger ; que si limputabilité à une collectivité départementale des frais daide sociale exposés pour une personne ne résidant pas en France nest pas discutée par les parties, non plus dailleurs que par le département de la Seine-Saint-Denis dans les conditions qui vont être précisées et quen létat du dossier qui lui est soumis la commission centrale daide sociale nestime pas dans la présente instance, qui ne concerne pas limputation financière de la dépense, devoir en tout état de cause soulever cette question comme dordre public (les départements admettant en règle générale quoique pas toujours la prise en charge des frais dhébergement dadultes handicapés en Belgique...), il nen demeure pas moins que dans le cadre ainsi délimité le département de la Charente-Maritime a omis de sinterroger non seulement sur le montant de lallocation compensatrice de M. D..., en soumettant le dossier à la commission dadmission à laide sociale pour suspension en application des dispositions de larticle R. 344-32 du code de laction sociale et des familles, mais encore sur la charge financière de la dépense à son département et non à celui de la Seine-Saint-Denis ; que sil est vrai que ce département de manière curieuse et non explicitée par le dossier avait, par ailleurs, continué à acquitter les frais de placement se bornant à transmettre au département de la Charente-Maritime le dossier dallocation compensatrice (cette circonstance étant, sans que le dossier ne permette de létablir, peut être liée aux circonstances particulières dun placement en Belgique, mais pouvant être aussi, selon toute vraisemblance le fruit dune simple négligence) il nen demeure pas moins que dans le cadre de la transmission du dossier dallocation compensatrice, qui est distinct de celui relatif aux frais de placement, le service de la Charente-Maritime disposait des éléments lui permettant de prendre en compte la situation de fait et de droit de lassisté fut-ce au prix dun supplément dinstruction ; quil sera observé dès à présent quen toute hypothèse lerreur commise en ce qui concerne le domicile de secours est sans incidence à la date de la présente décision dès lors que le président du conseil général de la Seine-Saint-Denis a reconnu que ce domicile était dans son département et a remboursé au département de la Charente-Maritime 10 % du montant de lallocation versée, considérant - nécessairement - que les 90 % restant navaient pas eu lieu de lêtre en raison de lapplication des dispositions réglementaires qui viennent dêtre rappelées ; que dans ces conditions lerreur commise par le service en ce qui concerne limputation financière de la dépense demeure sans incidence en létat sur la situation de M. D... dès lors que de toute façon la collectivité qui a avancé lallocation, quelle quelle soit, est en droit, comme il sera à nouveau relevé ci-après, de répéter lindu procédant du versement de lallocation au taux de sujétions de 40 % à taux plein à lencontre de lassisté ;
Considérant par ailleurs que les époux D... ont sans réaction de leur part perçu lallocation compensatrice à taux plein alors quils ne pouvaient ignorer que leur fils était placé en établissement et que dans cette situation lassistance de la tierce personne lui était pour toutes les périodes où il nétait pas revenu à leur domicile ou en leur compagnie hors de létablissement dispensée par le personnel de celui-ci ; que toutefois, comme il sera dit ci-après, il nappartient pas au juge de laide sociale dans le cadre de la présente instance de répétition de lindu de connaître de conclusions, en les admettant formulées, mettant en cause la responsabilité respective de telle ou telle collectivité daide sociale et/ou de la tutrice de lassisté, de telles conclusions ne relevant selon une jurisprudence constante quoique problématique et différente de celle prévalant en matière de prestations, identiques en fait, de Sécurité sociale pour lesquelles la Cour de cassation reconnaît que le montant de la répétition peut être atténué compte tenu des fautes de lorganisme de Sécurité sociale dans linstance de répétition de lindu, que du Tribunal administratif, juge de droit commun du contentieux administratif ;
Considérant que les considérations qui précèdent nécessaires à la compréhension du litige étant ainsi exposées il y a lieu pour la commission centrale daide sociale de statuer sur les moyens de la requête de M. D... ;
Considérant en premier lieu quil résulte de ce qui précède quil nappartient pas à la commission centrale daide de statuer sur les moyens - et de fait les conclusions - tendant à mettre en cause la responsabilité du département de la Charente-Maritime à raison des fautes commises par ses services ni dapprécier dans quelle mesure lincidence de telles fautes à les supposer existantes serait atténuée par celles commises par la victime ou par un tiers (le département de la Seine-Saint-Denis) ; que comme il vient dêtre dit de telles conclusions et de tels moyens relèvent de la seule compétence du Tribunal administratif saisi dune demande contre un refus dindemnité, à hauteur des prestations répétées, à supposer même que dans les circonstances de lespèce M. D... qui navait pas droit à lallocation au taux de 100 % du taux de sujétions des 40 %, que ce soit dans le département de la Seine-Saint-Denis ou dans celui de la Charente-Maritime, justifie dun préjudice indemnisable ;
Considérant en deuxième lieu que si au moment du transfert du dossier et jusquau 1er janvier 2007, date à laquelle cette instance a été supprimée, il eut appartenu en application des dispositions de larticle R. 344-32 du code de laction sociale et des familles à la commission dadmission à laide sociale de fixer le montant de la suspension, et en admettant quà la date du 20 juin 2006 où elle est intervenue la décision de répétition du président du conseil général fut entachée derreur de droit - et non dincompétence - faute davoir été précédée dune décision de la commission dadmission à laide sociale fixant même rétroactivement le quantum de la suspension pendant la période répétée, cette situation est en tout état de cause sans incidence à la date de la présente décision sur lobligation pour le juge de plein contentieux de laide sociale de fixer lui-même le montant de la répétition litigieuse ;
Considérant en troisième lieu que le président du conseil général était tenu de répéter lindu ; que les dispositions de larticle L. 245-7 ancien du code de laction sociale et des familles lui permettaient de le faire rétroactivement pour une période de deux ans et que ces dispositions sappliquaient en toute hypothèse à lexclusion, selon la présente juridiction, de celles de larticle 9 du décret du 2 novembre 1954 codifiées à larticle R. 131-3 ne prévoyant la répétition - et non seulement la suppression de lavantage en cause pour lavenir - que lorsque les décisions avaient été prises sur la base de déclarations « incomplètes ou erronées » ce qui ne peut être considéré comme établi dans les circonstances de lespèce ; quen toute hypothèse que tel soit ou non le cas, les dispositions de larticle L. 245-7 permettent la répétition sur deux ans sans quil soit besoin de sinterroger sur lexistence de telles lacunes et alors même que la répétition procèderait dune erreur uniquement imputable à ladministration ; quainsi M. D... nest pas fondé à contester dans son principe la légalité de la répétition litigieuse ;
Considérant en quatrième et dernier lieu que la commission centrale daide sociale est saisie de conclusions contestant lentier montant de la répétition ; quelle peut dans ce cadre statuer sur le quantum de celle-ci sans statuer « ultra petita » ; que si le requérant ne soulève pas expressément le moyen tiré de la violation en ce qui concerne ce quantum des dispositions de larticle L. 245-7 ancien 2e alinéa du code de laction sociale et des familles quant à la computation du délai de répétition cette computation est suffisamment envisagée par la discussion des parties pour quen tout état de cause le juge de plein contentieux de laide sociale puisse se considérer, en admettant même que le moyen ne soit pas dordre public, comme saisi dudit moyen ;
Considérant que le président du conseil général a répété lindu le 20 juin 2006 ; quen létat de la jurisprudence de la présente juridiction le point de départ de la répétition de lindu est constitué par chaque versement mensuel dallocation et non par les décisions de périodicité annuelle ou autre décidant de celle-ci pour chaque période annuelle ou autre dattribution ; quainsi le président du conseil général de la Charente-Maritime nest fondé à répéter en remontant deux ans en arrière que les arrérages versés à compter du 1er juillet 2004 et non, comme il entend le faire, à compter du 1er mai 2003 ; que dans ce cadre le délai de répétition na pas été interrompu par la décision du 20 avril 2005 qui se bornait à suspendre pour lavenir le versement des arrérages dont sagit ; que par ailleurs il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que ladministration était du 1er mai 2003 au 30 juin 2004 en possession déléments suffisants pour lui permettre de pourvoir à la répétition ; quelle ne saurait donc se prévaloir, ce quelle ne fait dailleurs pas, du report du point de départ de la prescription à la date où elle aurait été en possession de tels éléments complets dinformation en application de ladage « contra non valentem agere » ; quen conséquence les arrérages répétibles pour compter du 1er juillet 2004 jusquau 30 mars 2005 le sont à hauteur non de 8 152,52 euros mais de 3.928,44 euros ;
Considérant que dans la mesure où M. D... éprouverait néanmoins des difficultés à sacquitter immédiatement dune telle somme quil naurait pas encore versée il lui appartiendrait de solliciter auprès du payeur départemental létablissement dun échéancier de paiements, la seule circonstance que les époux D... seraient actuellement lobjet dune procédure de surendettement dans des conditions nullement précisées par le dossier ne justifiant pas la remise ou la modération des arrérages demeurant légalement répétibles ;
Décide
Art. 1er. - Lindu répété à lencontre de M. Sébastien D... est limité à 3 928,44 euros.
Art. 2. - La décision de la commission départementale daide sociale de la Charente-Maritime du 2 octobre 2006 et la décision du président du conseil général de la Charente-Maritime du 20 juin 2006 sont réformées en ce quelles ont de contraire à larticle 1er.
Art. 3. - Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Art. 4. - La présente décision sera transmise au ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité, au ministre du logement et de la ville à qui il revient den assurer lexécution.
Délibéré par la commission centrale daide sociale dans la séance non publique, à lissue de la séance publique du 26 octobre 2007 où siégeaient M. Lévy, président, M. Peronnet, assesseur, Mlle Erdmann, rapporteure.
Décision lue en séance publique le 6 novembre 2007.
La République mande et ordonne au ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité, au ministre du logement et de la ville, chacun en ce qui le concerne, et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à lexécution de la présente décision.
Le président La rapporteure
Pour ampliation,
Le secrétaire général
de la commission centrale daide sociale,
M. Defer